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Vendredi 13 février : texte intégral de l'Interview de Gilles JOVIADO

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J'ai encore toujours des doutes sur le bien-fondé d'une DUP (Déclaration d'Utilité Publique) pour ce projet des portes du Tarn. Je parle bien sûr pour la partie buzétoise de ce projet. L'utilité publique pour le contournement de Saint-Sulpice, je comprends pour la zone je ne comprends pas.

 

Cette ZAC d'utilité publique, nous avons essayé de la réduire sans succès. La disparition de près de 200 hectares de terres agricoles nous paraît disproportionnée par rapport au projet. Contrairement à ce que certains pensent encore, ce projet n'est pas un projet simplement tarnais ou communautaire mais un projet inter-départemental et régional. Ce sont bien les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn qui ont signé et approuvé cette DUP et donné une fin de non-recevoir à nos recours. Les Portes du Tarn est un pari inter-départemental pris en pleine crise économique.

En revanche, les pratiques étaient bien "tarnaises". J'ai toujours du mal à accepter que cette DUP ait été signée juste avant les élections municipales ou que certains protocoles très engageants aient été signés sans attendre les résultats de l'enquête publique. A quoi peuvent bien servir ces enquêtes publiques ? Sur certains territoires ces procédures font parti du folklore : on le fait parce qu'il faut le faire mais jamais le projet sera amendé par les conclusions des enquêteurs car tout est déjà engagé et verrouillé. Après, on s'étonne de voir les gens se détourner de la démocratie et on cherche (ou on fait croire que l'on cherche) des réponses.

Malgré tout cela et par souci de responsabilité, nous avons continué à essayer de rendre notre vision acceptable par tous.

Beaucoup de temps et d'énergie ont été consacrés à essayer de convaincre les différents acteurs du projet qu'il fallait revoir le fonds et la forme. Grâce à notre travail, nous avons avancé et nous sommes proches de la signature d'un protocole d'accord. Sur la forme : la transparence sera de mise (nous souhaitons rompre avec les pratiques antérieures) et les élus seront décisionnaires en ce qui concernent l'implantation des activités. Rien ne pourra se faire sans l'aval des élus. Pour moi, il est hors de question que s'implantent des activités en contradiction avec les atouts de notre territoire et les attentes de ces habitants . Le territoire doit être respecté : il ne s'agira pas d'être en concurrence avec ce qu'il s'y fait déjà (Villemur, Bessières, Saint-Sulpice, Lavaur).

Sur le fonds, les points importants du protocole seraient les suivants : un périmètre immuable (pas d'extension de la ZAC au-delà du périmètre de la DUP), le contournement de Saint Sulpice comme priorité (18 millions tout de même... Le Tarn est un département riche !!), plus de plate-forme logistique et d'Opérateur Ferroviaire de Proximité, pas d'expropriation de personnes physique, une colonne vertébrale pour cette zone (l'agriculture, la formation, l'eau et plus largement l'industrie liée à l'agriculture), une zone qui se développe, dans le temps, de Saint-Sulpice vers Buzet.

Nous voulons que soient rajoutés deux points à ce protocole : les aménagements sur la RD630 qui devront être réalisés afin de réduire les nuisances dues à l'augmentation du trafic routier (échangeur + activités de la zone) devront être financés par la SPLA81 (en aucun cas le problème résolu à Saint-Sulpice doit se reporter à Buzet) et nous demandons également qu'un phasage clair soit inscrit dans le protocole : 130 hectares d'ici 2035 et 68 hectares après 2035. Ainsi, la Ccta sera en cohérence avec son SCOT et les choses seront claires.

Si ces deux points sont rajoutés au protocole, celui-ci pourrait être approuvé en conseil municipal en faisant l'objet d'une délibération. Les autres partenaires feront la même démarche.

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