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 Interview du mercredi 8 octobre 2014

Dans le cadre de la série "Dites-nous Monsieur le Maire" publiée dans la Dépêche du Midi, Gilles Joviado a répondu à différentes questions. Vous trouverez l'interview sur le site de la Dépêche du Midi ( http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/08/1967782-tout-remettre-a-l-endroit-et-limiter-les-depenses.html) et le texte complet de ses réponses est reproduit ci-dessous.

Bonne lecture !!!

Quelles seront les grandes lignes de ce mandat?

 Il s’agira de tout « remettre à l’endroit » en prenant en compte les nouvelles donnes financières : écoles, finance, centre bourg….  et faire que Buzet redevienne une commune qui compte sur notre territoire.

 

Je suis fortement préoccupé par le périmètre envisagé du futur Pôle d’Equilibre Territorial et Rural (PETR) du Pays de Cocagne. Faisant partie de la CCTA (communauté de communes à 92% tarnaise), Buzet va se retrouver dans un PETR qui va aller jusqu’aux portes de la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet (à 9 kms de Castres), tournant ainsi le dos à Toulouse et nous éloignant de notre bassin de vie.

 

Le sens de l’histoire et la crise économique nous poussent vers une plus grande mutualisation des ressources entre communes dans l’intercommunalité et plus tard dans les « pays ». Nous devons jouer à plein cette mutualisation. Etant à la croisée des chemins, il me semble impératif de revenir pleinement en Haute-Garonne et être l’acteur de notre destin. Il s’agit de cohérence territoriale voire de bon sens : nous avons plus de lien avec Bessières (le collège,…) qu’avec Puylaurens et plus de lien avec Toulouse qu’avec Castres. Il s’agit de remettre les choses à l’endroit. 

 

Une précision : je déconnecte notre volonté de rejoindre la Haute-Garonne du dossier des Portes du Tarn : ce dossier n’est pas que tarnais et subsistera que l’on retourne ou pas dans le 31. Il fallait le préciser afin que les choses soient claires.

 

Comment envisagez-vous le financement des grands projets alors que les aides sont en baisse?

 

Au niveau national ou régional, Je trouve insensé que certains continuent à bâtir des projets avec l’argent qu’ils n’ont pas, qui n’est pas le leur ou en utilisant de façon démesurée le crédit, reportant cette dette sur les générations futures. Ont-ils remarqué que nous étions en crise ? C’est aujourd’hui qu’on nous présente l’addition des erreurs passées et cela va être particulièrement dur à digérer, notamment pour les communes. Ne continuons pas dans le même sens. Il en va de notre crédibilité collective.

Au niveau communal, une large part du financement des projets viendra de l’autofinancement. Il faudra donc faire des économies de fonctionnement, utiliser des solutions innovantes et ne plus utiliser le levier fiscal. Voilà pour le côté recettes. Mais je m’interroge fortement sur nos dépenses d’investissement. Là aussi, il faudra travailler différemment. Nous, élus, notre responsabilité est forte.

J’ai un gros souci avec les montants des investissements publics. Ils sont, à mon sens,  déconnectés de la réalité. Trouvez-vous normal que la construction de deux classes pour une école élémentaire (2 classes, un toit, un couloir,..) coûte plus de 330 000 € TTC ? Que l’on m’annonce un budget de 1,5 millions d’euros pour une école maternelle neuve de 6 classes ?

Il faut que les choses changent et, par force, elles changeront. Mais ce n’est pas à nos niveaux de simple maire que nous pouvons agir.

Les habitants doivent-ils s'attendre à une hausse des impôts?

 Non. Notre volonté est de contrôler (voire de geler) les taux d’imposition tout au long de notre mandat. Mais, ceci est notre volonté toute chose égale par ailleurs…. Que faire si les dotations de l’Etat baissent fortement ? Les communes les plus riches, n’ayant pas de besoins importants et urgents d’investissement seront probablement les mieux armées. Qu’en sera-t-il des communes comme Buzet ? Il faudra alors reporter voire supprimer certains projets d’investissement. Il faut en être conscient.

Comment sont les finances de la ville?

Si l’on en croit les services de la préfecture, lettre du 4 juillet 2014, la situation financière 2013 est dégradée, l’endettement est important, les ressources d’investissement sont faibles et le fond de roulement est près de trois fois moins important que la moyenne départementale. Il faut donc veiller à limiter les dépenses d’investissement tout en gardant la maîtrise des charges de fonctionnement. Le fonds de roulement est trop faible pour assurer à lui seul le financement d’éventuels nouveaux investissements… Début mars, la trésorerie de la commune était de 1 400 €. Nous avions à payer une extension d’école (plus de 300 000 € TTC), un pool routier (plus de 100 000 €) avant fin décembre 2014, financer la réforme des rythmes scolaires et faire face aux augmentations des dépenses de fonctionnement (charges, TVA,…). Afin de résoudre les problèmes récurrents de trésorerie, l’équipe précédente préférait vendre « les bijoux de famille » sans se soucier des conséquences, moi, je préfère procéder autrement.

Pour répondre à votre question, certaines communes sont dans de meilleures situations que Buzet mais cela ne peut que s’arranger : nous y travaillons sans relâche et je remercie le personnel communal. Si l’on passe la fin de l’année sans incident, la trésorerie devrait se reconstituer et nous pourrions rembourser dans les délais (avant fin janvier 2015) la ligne de trésorerie (95 000 €) contractée par l’équipe municipale précédente. Malgré les nombreux besoins, l’année 2015 ne sera malheureusement pas marquée par de gros investissements.  

 Comment imaginez-vous le développement de Buzet?

 Malgré tout ce que je viens de vous dire, je suis très optimiste pour notre commune. Les atouts sont considérables.

Tout en gardant les pieds sur terre, nous allons surfer sur notre image de poumon vert du Nord-Est toulousain (agriculture performante, forêt, golf, Tarn, son centre bourg, les coteaux)  afin de nous développer économiquement. Buzet est un très beau village qui possède un patrimoine historique, architectural et paysager énorme ! !!!

La donne a -telle changé concernant les Portes du Tarn en ce qui concerne Buzet ?

 Oui et non. Les porteurs du projet semblent vouloir nous comprendre. Si tous les malentendus et divergences sont réglés, un communiqué commun avec M. Carcenac devrait être publié prochainement. Si tel n’était pas le cas, vous pourrez considérer que je reste farouchement opposé à ce projet.

De toute manière et comme je l’ai souvent dit, il va falloir prendre un jour en considération les risques financiers que pourraient supporter les habitants de notre territoire en cas d’échec de ce projet….avec en perspective la baisse de la DGF.

Etes-vous interessé par d'autres mandats ?

Pour Buzet et son territoire, il serait intéressant que son maire soit également conseiller régional. Les portes du Tarn sont une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et il est important d’être présent à des postes clés afin de se faire entendre. De plus, le Nord-Est toulousain doit se doter d’un lycée, avoir une couverture internet irréprochable  et avoir une cohérence économique forte tournée vers l’innovation et les atouts de son territoire. Il faudra être force de proposition.

Ceci étant dit, j’ai un lourd handicap : je n’appartiens à aucun parti et j’aime ma liberté. Il est donc peu probable que vous me voyiez sur une quelconque liste. Nous ferons différemment.