Maurice THIARD et Jacques DORSENE

En 1977, Jean-Pierre DECAVELE "passe la main". Visiblement, il ne peut plus mener de front son mandat de Maire et son activité professionnelle, qui l'a de plus en plus éloigné de BUZET. A cet amoureux du verbe, à ce Maire à l'indéniable hauteur de vue, il faut un successeur de la même veine: ce sera Maurice THIARD, journaliste à FR3, venu s'installer à BUZET pour sa retraite. DECAVELE soutient THIARD durant la campagne, se présente même à ses côtés et deviendra son premier Adjoint. Ce Conseil municipal issu des urnes de 1977 voit arriver une nouvelle génération, dont font partie, par exemple, Jean-Michel FAURÉ ou Jean-Claude CARRIE, futurs Maires.

Sa retraite, THIARD la voulait active, la maladie viendra bientôt l'écourter, le temps, finalement, d'avoir suivi le projet d'alimentation en eau potable de la Commune, après constat de la pollution de l'AGOUT comme une insuffisance sérieuse des ressources souterraines de BUZET. L'adhésion au Syndicat de Communes TARN et GIROU, le support, encore, du Service Départemental des Eaux et de l'Assainissement permettent de limiter les coûts, mais, dès 1982, pour les divers travaux, il faut tout de même emprunter 150 000 F., remboursables sur trente ans.

La politique consistant à offrir à BUZET un réseau d'eau potable se double de celle de doter la Commune d'un assainissement, autrement dit d'une gestion "sanitaire" de l'écoulement des eaux usées. Il faut en effet en finir avec ces canalisations qui se jettent dans les ruisseaux, quand les maisons en sont limitrophes, ou dans les fossés, en pleine campagne, ou même dans le coeur du village, dans des restes du souterrain médiéval... Est votée, aussi, la construction, à terme, d'une station d'épuration, vers laquelle seront dirigées toutes les "boues", pour y être traitées. Il reviendra aux successeurs de THIARD d'achever le projet, qui s'étire dans le temps.

Maurice THIARD, Maire de BUZET, assistant à l'alors traditionnelle course de vieux vélos organisée dans la Commune.

En 1983, THIARD remporte sa deuxième bataille municipale, mais on le voit déjà très affaibli: il a froid, tout le temps, il porte des gants, presque constamment. Dans l'année, il tire sa révérence et lui succède son premier Adjoint: Jacques DORSENE, qui va, évidemment, poursuivre la politique du tout-à-l'égoût de son prédécesseur.

DORSENE est directeur commercial (un temps chez BUTAGAZ, un autre pour une entreprise de fabrication de mobiliers de bureau) et fut, sur BUZET, un temps Président de l'Union Sportive, le club de football, Il veut imprimer à son mandat un rythme "sportif", ludique, festif, laissant à Mademoiselle MANGION, la Secrétaire générale, le soin de suivre les "affaires courantes". Entre 1984 et 1985, il obtient du Conseil la construction d'un terrain de tennis, puis son éclairage pour les amateurs de ce sport qui désirent, ou ne peuvent que, jouer le soir, voire la nuit. Yannick NOAH vient de gagner Roland GARROS et la fièvre de la petite balle jaune est tombée sur BUZET, entre autres.

Et puis, de nombreux travaux sont réalisés à l'école, maternelle notamment; la cantine est même entièrement refaite, des sanitaires publics sont érigés, le presbytère est rénové en deux logements locatifs communaux, de même que le porche du cimetière, le parking de ce dernier et les trottoirs du centre-village. Sont aussi refaits toute la voirie et les fossés des chemins du CROSS, de PIGERON, de BOURGUIGNATS, de LABACH, du C.C.3, des AZEMARS. La Commune prend encore en charge la voirie et l'éclairage public du lotissement SABATIE et DORSENE modernise la Mairie, par la fourniture de véhicules neufs et l'acquisition du premier... ordinateur municipal (la révolution informatique est en marche...).

 

Chaque Maire, ou presque, vit au moins une catastrophe pour sa Commune, durant son (ou ses) mandat(s): Jacques DORSENE a la sienne: elle a pour nom "bombyx du chêne". L'insecte, par nuées, s'abat sur la forêt, en 1986. Sitôt le site "bombardé" au "DIMILIN", par deux avions, il faut couper les arbres irrécupérables, et surveiller, à court et moyen terme, les conséquences écologiques.

Mais, disions-nous plus haut, arrive le successeur de Jacques DORSENE, plus tôt que prévu, et surtout pas par lui, d'ailleurs.

En 1989, le "Maire sortant" est réélu, non sans mal face à Paul CONSTANS, le fils de l'ancien Maire, garagiste à BUZET, à la légendaire disponibilité le jour comme de nuit. Au sein de son Conseil, DORSENE compte désormais une forte opposition. En des villages comme le nôtre cependant, sitôt la campagne achevée, la bonne gestion des affaires locales prime sur les divergences politiques. C'est qu'il n'est pas tant de bonnes volontés que cela pour s'occuper du Territoire. Mais il demeure un moment, en six ans, où l'"étiquette" peut de nouveau s'affirmer, s'afficher: quand le Conseil doit désigner en son sein les "Grands électeurs", ceux des Conseillers qui voteront aux prochaines élections sénatoriales, élection "très politique". DORSENE ne cache pas ses idées de Droite, mais son Conseil possède une majorité de GAUCHE. Il est Maire, il est légitime qu'il demande à son Conseil de le désigner parmi les Grands électeurs, mais il prend un risque. Le Conseil refuse et promeut Grand électeur Jacques GALVAN, Communiste "historique" de BUZET. C'est la crise. Sans y être obligé, mais s'estimant désavoué, DORSENE démissionne de son mandat de Maire, mais demeurera au Conseil., loyalement d'ailleurs, allant plus d'une fois défendre des dossiers à la Préfecture avec toute sa rhétorique et tout son entregent.

Passé un certain "flottement", les élus s'entendent sur la personnalité de Jean-Michel FAURE, Premier Adjoint qui n'avait rien demandé, et qui va présider aux destinées de la Commune pendant quinze ans avec modestie, élégance, humanisme.

La liste DORSENE, élue en 1989; où l'on reconnaît, entre autres, Michel LORMIERES, Jean-Michel FAURE, André CAPELLE, JACQUES GALVAN, Georges RIVIERE, Jean-Claude CARRIE et Roger ARMINGAUD.