En 1906, Théodore PARLANGE est battu aux élections municipales ! Celui qui est parvenu à terrasser l'antique Maire de BUZET se nomme Amédée RIVES. RIVES a gagné par une astucieuse promesse de "campagne". Parcourant les familles qui bordaient le MARIGNOL, il leur a fait le voeu qu'élu, il ferait construire un lavoir, améliorant ainsi de beaucoup les conditions de "travail domestique" de ces dames. Coup double que cette attention à la "condition féminine" et cette modernité "technique"... pour l'époque en tous cas !

Mais Amédée RIVES est aussi banquier, et il a pu également "user" de sa profession pour glaner quelques voix. En effet, durant la campagne électorale, puis pendant son mandat, il s'est répandu en conseil de placements financiers plus ou moins hasardeux, et tous ceux qui n'ont pas reçu les retours sur investissements espérés lui ont finalement fait "payer" aux élections suivantes...

Le bilan de Bernard LACASSAGNE, Maire de BUZET

Rue Obscure, rue du boucher en particulier...

Bernard LACASSAGNE succède bientôt à Amédée RIVES. LACASSAGNE, l’ingénieur qui avait dirigé le chantier du chemin de fer à BUZET et surtout négocié, avec PARLANGE, l’accord des populations récalcitrantes, continue de démontrer toute son habileté en devenant Maire de BUZET, et ce jusqu’en 1940. Durant son long mandat, il connaît le meilleur et le pire.
Le meilleur, c’est quand il pousse à l’électrification des campagnes, véritable révolution que celle d’apporter cette lumière aux maisons reculées du village. A cette occasion, en 1930, est créé le « Syndicat TARN-et-AGOUT », regroupant, autour de la Commune-centre de BUZET, GEMIL MONTJOIRE, PAULHAC et ROQUESERIERE.
Dans la foulée, dès 1931, LACASSAGNE lance le projet d’adduction d’eau potable pour le village. Un gigantesque château d’eau va donc bientôt dominer BUZET, construit uniquement à la main par de vaillants Espagnols qui vont ainsi permettre aux Buzétois de jouir de l’eau courante.
Le pire, Bernard LACASSAGNE le connaît assez vite quand, entre 1914 et 1918, il doit relayer les nouvelles reçues du Gouvernement de la mort « au champ d’honneur » de jeunes Buzétois. Si, en effet, arrive une « terrible lettre bleue recommandée émanant du Ministère de la Guerre », précise Marc ROUQUIÉ, le facteur, M. TERRISSE, sous le contrôle de Mme LAFAGE, la receveuse des Postes, doit remettre le pli à la Mairie et Bernard LACASSAGNE charge alors le garde-champêtre d’annoncer l’atroce nouvelle aux familles. La même procédure s’applique quand on doit remettre la Croix de Guerre. Privilège moins cruel, mais presque autant difficile, LACASSAGNE doit organiser la réception des permissionnaires, tels Auguste VIALARD, Jean-Marie DIEUDÉ, Roger DORSÈNE, Louis BARGUÈS, Henri GENDRE, Emile SÉGUR ou Ferdinand RIVIÈRE, Noël CUNNAC enfin, héroïsé à BUZET et au-delà, qui, pour beaucoup, avaient été blessés et/ou gazés (amputés, « gueules cassées »), tous confrontés, en revanche, dans les tranchées, à la vermine, aux gros poux noirs, au froid, à la boue, à la puanteur, à l’angoisse, au chagrin d’avoir perdu un « frère ».

Sitôt la Guerre achevée, Bernard LACASSAGNE fonde l'Association buzétoise des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.
LACASSAGNE et son Conseil doivent encore gérer le pire quand les inondations dévastent BUZET. Le 3 mars 1930 en effet, dans une crue de 16 mètres 50 , le TARN déferle jusque dans les rues du village, emportant tout ce qui peut l’être à son passage et ne laissant voir, en certains endroits, que le haut des cheminées et des pigeonniers.
LACASSAGNE connaît le pire, enfin, quand il a le triste –et court- privilège de devoir soulager la population, frappée par l’ « armistice » de juin 1940, qui ne disait pas le nom de la défaite française.

Aujourd'hui, sur le Pont du MARIGNOL, une plaque rappelle la terrible crue du 3 mars 1930.
L'Union Philharmonique de BUZET... où l'on reconnaît, entre autres, Emile MASSIO, futur Maire du village, deuxième rang, premier à gauche du drapeau.