Blaise de MONTLUC.

BUZET meurtri par les guerres de religions

 

Après la Guerre de Cent ans, voici les Guerres de religions, qui opposent en France Catholiques et Protestants. Et BUZET en pâtit, encore une fois.

Le 11 avril 1562, jour de Pâques, les Protestants occupent les fortifications de l’église et du château et, le 15 mai de la même année, les Catholiques de TOULOUSE, commandés par leur général en chef, MONTLUC, et secondés par une compagnie de soldats du Pays d’Agenais, aident les paysans de BUZET à chasser ceux qu’on appelle de façon péjorative les « religionnaires » ou « Huguenots ».

En 1563, « une armée de 1500 Huguenots », commandée par Henry de MONTMORENCY, prend BUZET et « massacre la population ».

Neuf ans plus tard, après la Saint BARTHELEMY, ou massacre des Protestants par les Catholiques, à PARIS, le 24 août 1572, BUZET est de nouveau frappée au cœur. Ayant échoué à s’emparer de RABASTENS (« leurs eschelles », mentionnera AGRIPPA D’AUBIGNE dans son Histoire universelle, étaient « trop courtes » pour escalader les fortifications), les Protestants du Calviniste SERIGNAC fondent sur BUZET et la Commune au vraisemblable nom d’oiseau de proie devient, à son tour, la proie du déchaînement fanatique. Nous sommes le 18 octobre 1572 quand les habitants de BUZET sont « passés au fil de l’épée ».

En 1574, les Catholiques reprennent BUZET et, en 1596, le capitaine CARAVELLE, protestant, s’empare de BUZET, avant d’en être chassé, puis définitivement vaincu en 1600.

Henri IV récompense BUZET pour sa fidélité, en lui octroyant de nouvelles franchises, en nommant aussi un Consul de plus (avant, BUZET en avait deux, il en aura désormais trois), ces Consuls, Conseillers municipaux de l’époque, seront aussi dorénavant autorisés à porter le « chaperon rouge et noir » des Capitouls de TOULOUSE.

VINCENT-de-PAUL à BUZET

  Mais la douceur religieuse va bientôt succéder à la violence religieuse quand BUZET voit arriver un jeune prêtre qui fera vivre la « charité » jusqu’à la sanctification. Son nom ? Il est fait de deux prénoms : VINCENT de PAUL. Son identification en droit canon ? SAINT.

Ce Landais d’origine, gardien de vaches et de pourceaux ayant « reçu la tonsure et les ordres mineurs » à quinze ans et demi, est étudiant à TOULOUSE en la faculté de Théologie dont on dit alors qu’elle est une des meilleures du Royaume. C’est là qu’il apprendra l’agilité d’esprit qui le caractérisera bientôt, tout autant pour polémiquer (contre les Jansénistes surtout) que pour prodiguer de sages conseils aux plus grands.

Le pensionnat de BUZET

Pour payer ses études, qu’il ne veut plus faire supporter à sa famille, frappée par la mort du père, le brillant « escolier » décide d’ouvrir un petit pensionnat à BUZET, en 1597. La salle de classe du pensionnat est installée Grand’Rue actuelle et VINCENT loge rue de l’église d’aujourd’hui. Une plaque souvenir le rappelle. Ce choix de BUZET pour créer un pensionnat ne doit rien au hasard : séduits par la beauté du site et passionnés des grandes chasses organisées dans la forêt comme sur les coteaux de la rive droite du TARN, nombre de nobles viennent à BUZET et certains même s’y fixent une bonne partie de l’année. Or ces personnages ont des enfants, des enfants à éduquer donc. Dans le même temps, et instruits de la qualité des interventions de VINCENT, des nobles toulousains envoient leur progéniture en pensionnat à BUZET. Parmi les plus célèbres élèves de VINCENT, citons les enfants du Baron de FLAMMARENS, les neveux du Duc d’EPERNON, Gouverneur de PROVENCE et de GUYENNE, et les arrière-neveux de JEAN de la VALETTE, Grand Maître de l’Ordre de SAINT-JEAN de JERUSALEM, qui défendra chèrement l’île de MALTE avec ses 15000 hommes contre toute l’armée ottomane.

VINCENT de PAUL a-t-il fait des émules à BUZET ? Toujours est-il qu’en 1650, un certain Etienne de LA FLEUR ouvre une école dans le village, « école payante sauf pour les pauvres ».

VINCENT-de-PAUL, tel que représenté dans l'église de BUZET, où une chapelle porte son nom.

Première messe

 

Ordonné prêtre en 1600 (il n'a alors que dix-neuf ans et demi), VINCENT célèbre sa première messe à NOTRE-DAME-DE-GRACE. Le lieu est symbolique : c'est ici en effet que « ripaillaient » Seigneurs et « dames » les jours de chasse. La tradition voulait qu'une messe soit dite avant la course au(x) gibier(s), occasion pour le prêtre de rappeler la définition minimaliste qu'il fallait donner au mot « gibier »... En cet endroit, se dresse une chapelle rustique, annexe du Prieuré de CONQUES, désormais première trace du sacerdoce officiel de VINCENT.

Notre-Dame-de-Grâce, sur les côteaux...

Ensuite, l'histoire de VINCENT, et l'Histoire tout court, va se dérouler, de son enlèvement par des pirates au cours d'une traversée de la Méditerranée, qui lui vaudra d'être vendu comme esclave sur le marché de TUNIS, à sa qualité d'Aumônier des galères du Roi, puis de conseiller des plus grands ou Saint à partir de 1737, en passant la création de l'Hôtel Dieu, manifestation de son souci constant des plus faibles, et surtout des enfants trouvés, des femmes et des paysans.