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L'histoire du blason de Buzet ...

L'oie de Saint-MARTIN

    Selon toute vraisemblance, l’oiseau représenté sur les armoiries de BUZET est une oie, l’oie de Saint Martin, puisque l’église de BUZET porte le nom de cette figure des débuts de la chrétienté.

MARTIN, une sensibilité chrétienne précoce, mais contrariée.

  Fils d’un tribun romain, qui aurait voulu saluer le Dieu MARS en prénommant son fils MARTIN, l’enfant naît en 316, en HONGRIE, où son père est en garnison. Dès l’âge de dix ans, le petit MARTIN aurait été sensible au message de JESUS, ce qui aurait provoqué un conflit avec le père, voué au service de ce Dieu vivant qu’était l’Empereur. Pour ne pas faire « perdre la face » au patriarche, MARTIN aurait accepté, non sans d’abord quelques réticences, d’entrer dans l’armée, devenant officier chargé des inspections des postes de garde et de la surveillance nocturne des garnisons.
    Outre sa sensibilité au message christique précoce, mais en partie contrariée, quelques autres épisodes de la vie de MARTIN auraient contribué à construire sa légende.

Le manteau de MARTIN.

  Ainsi, alors qu’il aurait été affecté en Gaule, à Amiens, MARTIN aurait rencontré, au cours d’une ronde de nuit, un pauvre mourant de froid.  Parce qu’il aurait déjà distribué toute sa solde aux déshérités, MARTIN aurait tranché la doublure de son manteau pour céder la moitié de celui-ci à l’infortuné, suivant en cela les paroles des Evangiles: "J'étais nu, et Vous m'avez couvert". La nuit suivant cet épisode, Martin aurait eu une vision de JESUS, venu le visiter vêtu de la moitié du manteau cédé et disant à ses anges: "C'est MARTIN, encore simple catéchumène, qui M'a ainsi couvert".

  Bien des années plus tard, quand l'association "Les enfants de Don QUICHOTTE choisiront de planter des tentes à PARIS en soutien aux sans-abri, ils choisiront, comme symbole du partage, le canal... Saint MARTIN.

Saint Martin partageant son manteau, par Pierre FRITEL, cathédrale de TOURS.

"Chapelle" et "martins-pêcheurs".

    Pour la petite histoire, le reste du manteau dont se serait dès lors vêtu MARTIN, appelé « cape », a donné le mot « chapelle », du nom du lieu où, plus tard, on vénérerait l’habit. La cape de Martin a aussi donné le nom de « CAPET », dynastie royale française la plus longue, scellant ainsi l’alliance entre monarchie et christianisme. Pas un roi en effet ne se déplaçait sur le champ de bataille sans la cape de Saint MARTIN.
    L’histoire de MARTIN, d’ailleurs, sera à l’origine d’un autre mot, puisqu’un jour, alors qu’il aurait vu des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, MARTIN les auraient comparés à des démons s’arrachant les âmes des hommes, les oiseaux, depuis, portant le nom de…martins-pêcheurs.

MARTIN, bouclier humain, MARTIN, pacificateur.

    Mais bientôt, les barbares pressant de plus en plus aux frontières de l’Empire, MARTIN aurait été envoyé au front. Le message auquel il croit l’aurait empêché de se battre, mais, pour démontrer qu’il n’était point un lâche, il aurait proposé d’être un « bouclier humain ». Enchaîné et exposé à l’ennemi, il aurait été épargné et, à l’issue de cet épisode, les Alamans auraient même demandé la paix.

MARTIN, de l'officier au chrétien "officiel".

    Baptisé, MARTIN aurait quitté l’armée, serait devenu exorciste auprès d’HILAIRE évêque de POITIERS, se serait efforcé de convertir son père, sans succès, et sa mère, avec bonheur, après qu’il en aurait reçu mission en songe, aurait suivi la disgrâce d’HILAIRE, aurait été fouetté en public et expulsé de l’Eglise, aurait alors erré par les chemins, se nourrissant d’herbes et de racines sauvages, manquant d’ailleurs de mourir empoisonné à cette occasion, serait revenu en grâces, avec HILAIRE, aurait ainsi fondé le premier monastère gaulois, à LIGUGE, vivant dans une cabane de bois et parcourant la Gaule à dos d'âne, convertissant à foison, offrant, partout et toujours, l’exemple d’un homme modeste, toujours vêtu simplement, très à l’écoute des petites gens, accomplissant, à l'occasion, quelques miracles, de la guérison d'une enfant muette, de paralytiques ou de pestiférés à l'arrêt de la grêle qui dévastait le Pays de SENS en passant par le déchaînement d'orages pour détruire les temples païens ou la résurrection de morts.

MARTIN convertit sa mère, Bernard BENEZET, église de BUZET.

MARTIN, évêque par la grâce d'une oie.

    Premier vrai évangélisateur de la GAULE, MARTIN serait bientôt devenu « victime » de son succès. En 370, alors que l’évêque de TOURS, LIDOIRE, vient de mourir, les habitants auraient réclamé MARTIN comme son successeur, puis l’auraient proclamé évêque en dépit de son refus. Réfugié dans un poulailler pour échapper à cet excès d’honneur, MARTIN aurait été « trahi » par les cris d’une oie. Il aurait finalement accepté la mission confiée par « le peuple des croyants », voyant dans les cacardements des volatiles un signe de Dieu.
    Son œuvre d’évêque se serait inscrite dans le droit fil de sa vie chrétienne jusqu’alors, faite de frugalité, de non-violence et de nombreuses conversions.

MARTIN, ou la mort pour la paix.

    A 81 ans, appelé pour réconcilier des dignitaires de l’Eglise une nouvelle fois en querelle, qui menaçait l’unité de la chrétienté, MARTIN se serait acquitté de sa mission, puis serait mort le lendemain. Poitevins et Tourangeaux se seraient alors disputé le corps, les derniers le dérobant, lui faisant descendre la LOIRE sur un lit de cendres. On dit qu’à son passage des fleurs auraient éclos en plein novembre, et en serait resté l’expression d’ « été de Saint MARTIN ».

MARTIN et BUZET.

    Rien d’étonnant, alors, qu’on ait baptisé l’église de BUZET église Saint MARTIN quand on pourrait ajouter qu’en France plus de 4000 églises portent ce nom, patronyme le plus fréquent dans notre pays qui plus est, nom donné, enfin, à 236 de nos communes.
    On peut également supposer que le hameau des LUQUETS vient de MARTIN quand on sait que ce dernier est le saint patron de quatre lieux illustres : TOURS, MAYENCE UTRECHT et… LUCQUES, en Italie (« LUCCA »).

Le rameau d'olivier

    L’oie de Saint MARTIN « tient en son bec » un rameau d’olivier. Or, dans la Bible, le rameau d’olivier symbolise la non-violence, la paix et la réconciliation. C’est par cet emblème que Dieu aurait annoncé à Noé la fin du déluge. Rappelons-nous que non-violence, paix comme réconciliation auraient particulièrement caractérisé la vie et l’œuvre de MARTIN.
    D’une manière plus générale, l’olivier est l’élément végétal le plus présent dans le décor de la vie de JESUS. Colline à l’est de Jérusalem, le mont des oliviers abrite le plus grand cimetière juif du monde. Selon la tradition hébraïque, le « messie » devrait s’arrêter en ce lieu avant d’entrer à JERUSALEM (« devrait » puisque les Juifs attendent encore le messie), signifiant par là que les morts enterrés ici seraient les premiers ressuscités.
    Priant face au rocher de GETHSEMANI, au cœur du mont des oliviers, c’est là que JESUS aurait été arrêté par les Romains.
    Outre le cimetière juif, ont été construits, depuis, une basilique, une chapelle, des églises chrétiennes, un carmel même, et puis une église orthodoxe et des mosquées, marquant l’union des diverses religions monothéistes et, par là même, réconciliation et paix universelles.
 

Pourquoi du jaune sur fond rouge?

    L’oie de Saint MARTIN est représentée en jaune, ou plus exactement en or, symbole, d’abord, du père, or « père » et « patron » (le « saint père ») sont le même mot, le père symbolisant Dieu, les patrons ses représentants sur Terre. Il est donc très logique que l’oie de Saint MARTIN soit ainsi colorée. Et puis, l’or représente également le soleil, symbole de la lumière (divine), de la puissance, puissance de Dieu qui glisse vers l’alliance avec la puissance du roi, après celle de l’empereur romain, symbolisée par la couleur rouge, couleur du fond sur lequel apparaît l’oie…
 

Les trois fleurs de lys, "or sur champ d'azur"

    Au-dessus de cette oie, jaune sur fond rouge, portant rameau d’olivier, des fleurs de lys et des fortifications.
    La fleur de lys, « or sur champ d’azur », symbolise l’union du pouvoir royal avec l’Eglise.
    La fleur de lys n’a que peu à voir, en fait, avec le « lys », puisqu’il s’agit d’une traduction française de « Flor de LOYS », « littéralement « fleur du Roi LOUIS », en référence à ce moment où le roi LOUIS VII décida d’opter pour ce symbole.   
    L’ « or » symbolise, et nous l’avons vu, la puissance du soleil, de la lumière (divine). Le « champ d’azur », quant à lui, ou bleu, est la couleur de MARIE couleur, plus généralement, des pauvres, des déclassés, durant l’Antiquité. Ainsi, par la fortune du christianisme, le bleu, de couleur péjorative chez les Romains, est passé à une couleur « positive », au point d’ailleurs que LOUIS IX, « roi très chrétien » surnommé « Saint LOUIS», décidera de changer la couleur royale de rouge en bleu.
    Notons enfin que les fleurs de lys sont trois, pour rappeler la « trinité », c’est-à-dire la croyance en un « père », en un « fils » et en un « saint esprit », ultime référence à l’union entre le « pouvoir temporel » et le « pouvoir spirituel ».

La couronne de fortifications

    Au-dessus des fleurs de lys « or sur champ d’azur », les fortifications rappellent que BUZET, au début du XIIIème siècle, constituait le seul lieu de passage, sur le TARN entre le Toulousain et l’Albigeois. C’était donc ici qu’avait été construit un pont, qui constituait un excellent point stratégique à surveiller, en ces temps où les « Albigeois », appelés aussi « cathares » par leurs ennemis, menaçaient l’Eglise, et par là même la Royauté. Ces lieux ont d’abord appartenu aux Comtes de TOULOUSE, avant d’entrer dans le domaine royal, en 1271, le monarque héritant de ces terres après avoir constaté la mort, sans descendant, de RAYMOND VII, puis de la fille de celui-ci, JEANNE de TOULOUSE enfin du mari de celle-ci : ALPHONSE de FRANCE,… frère du roi LOUIS IX. En ces temps, les mariages rapportaient parfois autant aux rois qu’une guerre de conquête. On comprend alors que les fortifications sur le blason de BUZET décrivent un arc de cercle qui rappelle une couronne… royale.

    Il est piquant de noter, et de conclure par là, que, si BUZET fut longtemps une Commune associée à l’idée de surveillance, elle a pour saint patron MARTIN, un ancien officier chargé des inspections des postes de garde et de la surveillance nocturne des garnisons…